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2011 Dr. James Orbinski

James Orbinski

Dr James Orbinski, de Toronto, a été nommé lauréat de l’édition 2011 du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne. La remise du Prix au Dr Orbinski et l’allocution Tarnopolsky ont eu lieu en décembre 2011.

L’honorable Ronald Atkey, C.P., c.r., qui était alors président de la CIJ Canada a déclaré : « Dr Orbinski est l’exemple de premier plan de celui qui se met, tout au long de sa vie, au service des droits de la personne. Dans le cadre de son vaste travail humanitaire, il a contribué, aux quatre coins du globe, à l’amélioration des vies et à la protection des droits de la personne de centaines de milliers de civils. Dr Orbinski personnifie et incarne le rôle prépondérant que joue le Canada dans le domaine des droits de la personne. »

Lors de la remise du prix, le docteur Orbinski était le directeur du Département de santé mondiale de la Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto, où il était également professeur de médecine familiale et communautaire et professeur de sciences politiques. Il était aussi agrégé supérieur de recherche du Collège Massey et du Centre Munk d’études internationales.

Dr Orbinski a été le président du Bureau international de Médecins sans frontières (MSF) de 1998 à 2001. C’est lui qui a lancé la Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF en 1999. Cette même année, le prix Nobel de la paix est décerné à MSF pour sa conception innovatrice en matière de services d’aide médicale humanitaire. En 1998, Dr Orbinski a reçu la Croix du service méritoire du gouverneur général du Canada pour son travail en qualité de chef de mission de MSF au Rwanda, pendant le génocide de 1994. Il a décrit son expérience rwandaise dans son livre à succès « An Imperfect Offering : Humanitarianism in the 21st Century », publié en 2009.

Il est le cofondateur de Dignitas International, dont il est actuellement membre du conseil. Cet organisme d’aide médicale humanitaire collabore avec les communautés de pays en développement afin d’y améliorer l’accès à des soins permettant de prévenir le VIH et de sauver les vies de personnes souffrant du VIH.

Dr Orbinski a été nommé Officier de l’Ordre du Canada en 2009.

2007 David Matas

David Matas, avocat à Winnipeg, est le récipiendaire du Prix Tarnopolsky des droits de la personne 2007. M. Matas a été reconnu pour le prix en raison de son passé professionnel impressionnant en tant que défenseur des droits de la personne, tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale. Il a travaillé inlassablement à la promotion de la vision canadienne des droits de la personne à l'étranger et à la défense de ces droits au Canada.

M. Matas exerce le droit des réfugiés, de l'immigration et des droits de la personne dans son cabinet privé. Auteur de plusieurs ouvrages, M. Matas a participé à de nombreux groupes internationaux prônant les droits de la personne et à des affaires très médiatisées devant la Cour suprême du Canada.

M. Matas a été membre de la délégation canadienne à l'assemblée générale des Nations Unies en 1980, du Task Force on Immigration Practices and Procedure de 1980 à 1981 et de la délégation canadienne de la Conférence des Nations Unies siégeant à un tribunal pénal international en 1998. En 2000, il a été membre de la délégation canadienne au Forum international de Stockholm sur l'Holocauste. De 1997 à 2003, il a agi à titre de directeur du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique (maintenant Droits et Démocratie) et a fait partie de la délégation canadienne aux conférences sur l'antisémitisme de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à Vienne en 2003 et à Berlin en 2004.

De plus, M. Matas est membre actif de nombreux organismes. En 2007, il est avocat principal à titre honoraire de B'nai Brith Canada depuis 1989 et a été coordonnateur juridique principal pour la section canadienne de l'Amnesty international et a présidé le comité juridique sur les crimes de guerre du Congrès juif canadien de 1981 à 1984. Il a également agi à titre de conseiller de la Section canadienne de la Commission internationale de juristes de 1983 à 1994 et comme vice-président pour les provinces des prairies de 1994 à 2003.

M. Matas a obtenu un baccalauréat ès arts de l'Université du Manitoba en 1964, une maîtrise de l'Université Princeton en 1965, puis un baccalauréat ès arts en jurisprudence en 1967 et une licence en droit civil de l'Université Oxford en 1968. Il a occupé les fonctions d'auxiliaire juridique auprès du juge en chef de la Cour suprême du Canada en 1968-1969, a été membre du Groupe de travail canadien sur la propriété étrangère en 1969, puis assistant spécial du solliciteur général fédéral en 1971-1972.

Le prix Tarnopolsky a été remis à M. Matas par le juge Ian Binnie lors de la réunion annuelle de la CIJ, le 13 août, 2007 à Calgary; et M. Matas a prononcé l'allocution annuelle Tarnopolsky, intitulée « Le droit à un avocat : un droit de la personne fondamental ».
Cliquez ici pour lire le texte de son allocution (en anglais seulement).

2006 Errol Mendes

Errol Mendes, professeur à l’Université d’Ottawa, a été choisi comme lauréat du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne 2006.

À l’occasion de la rémission du prix, Ed Ratushny, qui était alors président de la CIJ Canada, a souligné que le travail exemplaire du professeur Mendes, tant au Canada qu’à l’échelle internationale, faisait de lui un modèle pour les professeurs de droit canadiens désireux de promouvoir la protection des droits de la personne dans le monde. «Sa carrière se compare à maints égards à celle de feu Walter Tarnopolsky et, dans cette optique, il mérite pleinement de recevoir cette distinction » a déclaré M. Ratushny.

M. Mendes, professeur permanent à l’Université d’Ottawa, se distingue par un parcours admirable en matière de droits de la personne canadiens. Jusqu’à 2006, il a occupé les fonctions de directeur du Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne (CREDP), fondé par M. Tarnopolsky, de 1993 à 2001. En 1995, il a été nommé au Tribunal canadien des droits de la personne. De 1989 à 1997, il a collaboré à plusieurs Commissions d’enquête en droits de la personne de l’Ontario. Il a siégé au Conseil de Transparency International Canada et il a agi comme conseiller du vérificateur général du Canada sur les questions de déontologie et de droits de la personne. M. Mendes était également conseiller constitutionnel lors de la rédaction de l’Accord de Charlottetown de 1992. Il est co-fondateur du Conseil de revendication des droits des minorités (CRDM) et depuis 1991, il occupait le poste de rédacteur en chef du The National Journal of Constitutional Law, le journal en droit constitutionnel le plus important au Canada.

À l’échelle internationale, M. Mendes a été conseiller du Bureau du secrétaire-général des Nations Unies, où il a travaillé sur les stratégies de développement visant à impliquer le secteur public dans la promotion des objectifs des N.-U. et des UN Global Compact Principles pour les affaires dans le secteur de la déontologie des entreprises et de la responsabilité sociale. De concert avec le CREDP et des partenaires, y compris, entre autres, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et le ministère du Patrimoine canadien, M. Mendes a dirigé différents projets en matière de règlement des conflits, de gouvernance et de justice en Chine, en Thaïlande, en Indonésie, au Brésil, au El Salvador, au Sri Lanka et en Inde.

M. Mendes a enseigné dans plusieurs universités, entre autres l’Université de l’Alberta, l’Université de Western Ontario, l’Université McGill, l’Université de Montréal et l’Université de l’Illinois. Il est l’auteur ou le corédacteur de plusieurs manuels, notamment la Charte canadienne des droits et libertés, un texte qui fait autorité en droit constitutionnel.
Né au Kenya, M. Mendes a obtenu son baccalauréat en droit de l’University of Exeter d’Angleterre, où il s’est classé premier de sa promotion, et a obtenu sa maîtrise en droit de l’Université de l’Illinois. Il a été admis au Barreau de l’Ontario en 1986.

Vous pouvez lire le texte de son allocution pour le prix Tarnopolsky, “The Canadian Constitution and Charter of Rights and Freedoms: A Global Template for Minority Rights” ici.

2005 Marcia Kran

Marcia V.J. Kran, de Vancouver, a été choisie comme lauréate du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne 2005. Elle a été reconnue comme étant un véritable guide pour la protection des droits de la personne et le respect de la primauté du droit à l’échelle internationale. Elle a œuvré avec les Nations Unies et d’autres organisations vouées à la réfome des systèmes de justice et à veillé au respect des droits de la personne dans les pays du Sud-Est asiatique et de l’ancien bloc soviétique.

Marcia Kran a collaboré auprès de diverses organisations vouées à la protection des droits de la personne et de la primauté du droit depuis 24 ans déjà en 2005, notamment les Nations Unies, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et l’International Centre for Criminal Law Reform and Criminal Justice Policy de l’Université de la Colombie-Britannique (U.C.-B.). Elle a été soit professeure, soit conseillère dans plusieurs pays engagés dans le processus de réforme de leurs systèmes de justice et de renforcement des protections des droits de la personne, y compris dans l’ancienne Yougoslavie, en Albanie, au Mozambique, au Népal, au Bhoutan, au Cambodge, en Chine, au Timor oriental et en Géorgie.

Durant toute cette période, elle a dispensé une formation à des juges, des avocats, des avocates et des policiers, policières, en matière de droits de la personne; elle est également l’auteure d’un essai sur les normes de la justice pénale pour les soldats du maintien de la paix (Casques bleus) des N.-U. et un autre ouvrage sur les droits de la personne à l’intention des juges et des avocats. Elle a en outre participé à tous les aspects de la réforme du système judiciaire dans des pays en période d’après conflit et d’autres pays.

Marcia Kran a obtenu son diplôme en droit de l’Université du Manitoba en 1980, puis un diplôme en sciences sociales de l’Université de Stockholm en 1988 et une maîtrise en sciences politiques de l’Université de Toronto en 1989. Elle a débuté sa carrière en qualité de procureure de la Couronne au Manitoba en 1981 avant de devenir conseillère en politiques juridiques pour le ministère fédéral de la Justice en 1989.

En 1991, elle est passée à l’étape de l’engagement international en œuvrant pour la Direction des Nations-Unies en matière de prévention du crime et de justice pénale. Entre 1994 et 1995, elle a été engagée comme conseillère juridique principale pour l’International Centre for Criminal Law Reform and Criminal Justice Policy de l’Université de la Colombie-Britannique. En 1995-1996, elle a été gestionnaire de projet au Centre pour les droits de l’homme des Nations Unies avant de devenir conseillère pour l’ACDI sur les questions relatives aux droits de la personne et de la justice jusqu’en 2001, tout en continuant d’enseigner les droits de la personne à l’échelle internationale, à l’U.C.-B.

À partir de 2001, elle a été engagée comme directrice du Programme de justice pénale dans le cadre du Projet de justice Société ouverte, et chargée de dispenser des conseils en matière de réforme juridique en Europe de l’Est et dans les pays de l’ancienne Union soviétique. En 2003, elle est retournée à l’ONU où elle occupe actuellement le poste de gestionnaire en gouvernance démocratique pour le Programme de développement en Europe et dans l’ancienne Union soviétique.

Vous pouvez lire le texte de son allocution pour le prix Tarnopolsky, intitulé “ Human Rights and the United Nations: Taking Human Rights as Seriously as Security and Development ” ici.

2004 L'hon. Rosalie Abella

Rosalie AbellaRosalie Abella and Lloyd Axworthy

Madame la juge Rosalie Abella a été choisie comme lauréate du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne 2004. En 2004, elle était juge de la Cour d’appel de l’Ontario depuis 1992. Elle a été choisie pour le prix parce qu’elle s’est vouée à la cause des droits de la personne tout au long de sa vie.

Elle a façonné la politique canadienne en matière de droits à l’égalité, et son travail a également eu de profondes répercussions sur la législation relative aux droits de la personne et sur la politique extérieure du Canada. Sa contribution à la société aussi bien comme juriste, professeure, commissaire que juge a toujours été inspirée par son profond humanisme.

La juge Abella fut non seulement la seule commissaire et auteure de la Commission royale sur l’égalité dans l’emploi en 1984, mais elle fut aussi à l’origine du terme et du concept « d’équité dans l’emploi », une nouvelle stratégie visant à réduire les obstacles que rencontrent, dans l’emploi, les femmes, les peuples autochtones, les minorités raciales, et les personnes souffrant d’un handicap. La Cour suprême du Canada, dans sa toute première décision relative à la Charte des droits et libertés, a adopté les théories sur l’égalité et la discrimination élaborées par Mme Abella dans son rapport, ce qui a ensuite fondé la jurisprudence en matière de droits de la personne au Canada. Les gouvernements du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l’Irlande du nord et de l’Afrique du sud ont mis ce rapport en œuvre dans leurs ressorts respectifs.

Après avoir obtenu son diplôme de la faculté de droit de l’Université de Toronto, en 1970, elle a exercé en droit civil et pénal jusqu’à sa nomination, en 1976, à l’âge de 29 ans, au Tribunal de la famille de l’Ontario, faisant d’elle la plus jeune Canadienne, enceinte de son premier enfant, et première femme juive à être nommée à la magistrature.

Elle a présidé la Commission des relations de travail de l’Ontario, la Commission de réforme du droit de l’Ontario, et le Study on Access to Legal Services by the Disabled. Elle a en outre été membre de la Commission ontarienne des droits de la personne, du premier Comité consultatif de la Confédération, du Tribunal des relations de travail de la fonction publique de l’Ontario, de l’Academic Discipline Tribunal de l’Université de Toronto, et du Conseil canadien de la magistrature dans l’enquête Donald Marshall, Jr.

La juge Abella s’est profondément impliquée dans la formation canadienne de la magistrature, organisant le tout premier séminaire auquel les membres de la magistrature de tous les échelons étaient invités, le premier séminaire judiciaire destiné aux non-juristes, le premier programme national de formation destiné aux membres des tribunaux administratifs et la première conférence nationale destinée aux femmes juges du Canada. Elle fut professeure invitée par les facultés de droit de l’Université de Toronto et de l’Université McGill et donnait régulièrement des conférences au Canada et à l’échelle internationale. En 2004, elle détenait également 20 diplômes honorifiques décernés par des universités dans l’ensemble du pays, elle était l’auteure de plus de 70 articles et avait rédigé et/ou révisé quatre essais en droit. Elle a également été élue membre de la Société royale du Canada.

Vous pouvez lire le texte de son allocution pour le prix Tarnopolsky 2004, intitulé « Justice and Rights : Looking Back to the Future .» Ici (seulement disponible en anglais).

2003 Georgette Gagnon

Georgette Gagnon, de Toronto, a été choisie comme lauréate du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne 2003. Elle s’est distinguée par son rôle de défenseur des droits de la personne et son engagement profond à promouvoir la cause des droits humains. Dans le cadre de son travail, elle fait toujours preuve d’un respect admirable pour des normes professionnelles les plus élevées combiné à une empathie véritable pour les personnes vulnérables dans des situations critiques.

Jusqu’au 25 juin 2003, Mme Gagnon dirigeait une mission en Bosnie-Herzégovine pour la Section des droits de la personne de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), poste qu’elle a occupé pendant deux ans. Mme Gagnon et son personnel de 150 personnes ont travaillé sans relâche pour remédier à la triste condition de près de deux millions de citoyens et citoyennes de Bosnie-Herzégovine, devenus réfugiés ou déplacés en raison de la guerre qui a sévi dans cette région de 1992 à 1995.

Sous la direction de Mme Gagnon, la Mission de l’OSCE a été reconnue comme une réussite remarquable, pour avoir aidé un grand nombre de personnes à récupérer les biens que la guerre leur avait enlevés et permis ainsi à des milliers de réfugiés et de personnes relogées de retrouver leur foyer et leur communauté d’avant la guerre. Mme Gagnon et son équipe ont réussi à atteindre un taux de réussite de 82 pour cent avant la fin de mai 2003.

Mme Gagnon a en outre largement contribué à d’autres projets importants en matière de protection des droits de la personne en Bosnie-Herzégovine, en renforçant notamment la règle de droit, en défendant les droits de la minorité de Rome et en instaurant des mesures visant à éliminer la discrimination ethnique dans l’emploi, l’éducation et les services publics et en facilitant le retour des habitants dans toute la région.

Depuis 1999, Mme Gagnon a activement participé à la résolution de problèmes de droits de la personne au Soudan. Parmi les considérables efforts qu’elle a déployés, elle s’est occupée de documenter l’incidence des opérations transnationales dans les pays déchirés par la guerre sur les droits de la personne, d’élaborer des mécanismes législatifs destinés à dénoncer les responsables de ces opérations nuisibles aux droits de la personne dans des zones de conflits et enfin d’empêcher l’esclavage. Elle a fait partie de la Mission d’évaluation canadienne au Soudan (la «Mission Harker») dont l’objectif consistait à enquêter sur les relations entre l’exploitation canadienne de pétrole et les violations des droits de la personne au Soudan, de même que sur les pratiques d’esclavage. En 2001, Mme Gagnon a dirigé une mission au Soudan chargée de mener une enquête et de rendre compte de la situation des droits de la personne dans la région pétrolifère pour le compte d’organisations non-gouvernementales canadiennes et britanniques. En 2002, elle a occupé les fonctions de conseillère juridique/technique pour l’International Eminent Persons Group, mandaté par le secrétaire d’État américain et chargé d’enquêter sur l’esclavage, l’enlèvement et la servitude au Soudan pour ensuite recommander des mesures concrètes visant à mettre fins à de tels abus.

Mme Gagnon a joué en outre un rôle vital dans des projets destinés à renforcer les droits de la personne et la règle de droit en Chine, en Inde et au Rwanda et pour la Fondation canadienne des droits de la personne. Elle a été admise au Barreau de l’Ontario en 1986 et obtenu sa maîtrise avec mention en protection internationale des droits de la personne de l’University of Essex en Grande-Bretagne en 1998.

2002 L'hon. Gérald-A. Beaudoin, O.C., Q.C.

Senator Gerald A

LONDON - Le sénateur Gérald-A. Beaudoin, O.C., c.r., a été choisi comme lauréat du Prix Walter S. Tarnopolsky des droits de la personne 2002. Il avait connu une longue et éminente carrière en tant qu'érudit, professeur et sénateur.

Dans le processus de sélection, les relations étroites avec Walter Tarnopolsky ont joué un rôle spécial. Le sénateur Beaudoin a en outre été le premier directeur associé du Centre de recherche et d'enseignement sur les droits de la personne de l'Université d'Ottawa, alors que le professeur Tarnopolsky en était le directeur fondateur. À ce titre, tous les deux sont les co-auteurs de la première édition de La Charte canadienne des droits et libertés : Un commentaire.

Originaire de Montréal, le sénateur Beaudoin a obtenu son baccalauréat ès arts (B.A.), son LL.L. et une maîtrise ès arts (M.A.) de l'Université de Montréal. Il a été admis au Barreau du Québec en 1954. Quelques années plus tard, il obtenait un D.E.S.D. de l'Université d'Ottawa et un doctorat en sciences juridiques (honoris causa) de Louvain-La-Neuve (Belgique).

La liste des hauts faits du sénateur Beaudoin au service du Canada est aussi longue que variée. En tant qu'avocat, il a exercé en pratique privée, avec Paul Gérin-Lajoie, de Montréal, auprès du ministère de la Justice, et à titre de conseiller parlementaire adjoint. Au plan de l'enseignement, il a occupé les fonctions de professeur, de doyen en droit civil et de directeur adjoint du Centre des droits de la personne à l'Université d'Ottawa. Il fait partie du Sénat canadien depuis 1988.

Il était l'auteur de plusieurs ouvrages et rédacteur et corédacteur de nombreux essais sur la Constitution canadienne, la Charte et sur les droits de la personne au Canada et à l'étranger. Le sénateur Beaudoin était membre de la Section canadienne de la Commission internationale de juristes et du Conseil de l'ABC depuis plusieurs années.
Il est décédé en 2008 à Gatineau, Québec.

2010 Jayne Stoyles

Jayne Stoyles

Jayne Stoyles d’Ottawa a été nommée lauréate de l’édition 2010 du Prix Tarnopolsky des droits de la personne, en considération de ses contributions remarquables au domaine des droits de la personne, tant sur le plan canadien que sur le plan international.

« Toutes les qualités et toutes les contributions que le Prix Tarnopolsky cherche à récompenser et à marquer trouvent une illustration en Jayne. Elle apporte une vision, une énergie et des capacités de leadership extraordinaires au travail de renforcement de la protection universelle des droits de la personne, qui comprend l’amélioration des lois, politiques et pratiques canadiennes qui ont rapport à la justice internationale », a déclaré Paul D. K. Fraser, c.r., ancien-président de la CIJ-Canada.

En tant que directrice générale du Centre canadien pour la justice internationale (CCJI), un organisme à but non lucratif, la contribution de Jayne aura été et continue à être son approche novatrice au travail qui consiste en veiller à ce que les tribunaux du Canada et d’ailleurs soient saisis des causes d’auteurs présumés de crimes contre les droits de la personne, et à aider les survivants d’atrocités à se prévaloir des mesures de réparation prévues par la loi.

Le CCJI a mis sur pied un conseil honoraire très en vue qui compte parmi ses membres Louise Arbour, Philippe Kirsch et Lloyd Axworthy; a créé un réseau national d’experts bénévoles; a formé des agences qui offrent des services d’établissement dans l’ensemble du Canada; a coordonné divers projets de recherche juridique; a organisé des conférences sur la justice internationale et y a participé; a dressé des dossiers de causes de torture et d’autres atrocités qui pourront être entendues au Canada ou ailleurs; et a élaboré le texte d’un projet de loi devant le Parlement, qui porte sur la réforme du droit canadien en matière d’immunité des États.

Me Stoyles a obtenu un diplôme en droit de l’Université Queen’s en 1996 et a été admise au Barreau de l’Ontario en 1997. Au cours des deux années suivantes, elle a été coordonnatrice des programmes internationaux pour la Croix-Rouge canadienne.

En 1999, Me Stoyles est devenue directrice de la Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI), une organisation non gouvernementale, alors que le projet visant la création d’une telle cour n’était qu’à peine amorcé. Le réseau d’organisations membres et d’experts coordonné par l’équipe internationale qu’elle dirigeait, a réussi à obtenir les 60 ratifications nécessaires pour la création de la Cour, ainsi qu’à mener à bien les négociations au sein de l’Organisation des Nations Unies quant aux modalités du fonctionnement de cette Cour.

Pendant cinq ans, Me Stoyles a été conseillère principale auprès de l’Institute for Global Policy, en matière de droit international des droits de la personne et de droit pénal, de prévention des conflits et de réforme des Nations Unies. Elle a également fait partie du Comité coordonnateur canadien pour la consolidation de la paix, en tant que membre fondatrice.

Me Stoyles a prononcé l’allocution Tarnopolsky dans le cadre de la réunion annuelle de la CIJ-Canada, le 16 août 2010.

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